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Dans les coulisses de la transition énergétique : un entretien avec Bill Rogers

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Bill Rogers, directeur général et chef, Énergie durable, a dirigé le troisième Sommet annuel des chefs de la direction sur l’énergie d’Investissements RPC; une rencontre de deux jours qui s’est tenue à Banff, en Alberta, et qui a rassemblé des acteurs de l’ensemble de la chaîne de valeur énergétique mondiale. Dans cet entretien, M. Rogers évoque ce qui a marqué les discussions de cette année, la façon dont Investissements RPC envisage la transformation rapide du paysage énergétique et la nécessité d’une collaboration interdisciplinaire pour réaliser des progrès continus dans ce domaine en constante évolution.

* Le texte qui suit a été modifié pour plus de clarté et de concision.

Qu’est-ce qui distingue le Sommet des chefs de la direction sur l’énergie des autres rencontres sur l’énergie?

Les gens attachent beaucoup d’importance à la possibilité de parler de ce qui se passe dans l’ensemble du système énergétique avec des pairs qu’ils n’ont pas l’habitude de rencontrer. Les discussions ne sont ni scénarisées ni destinées au grand public, elles ont donc tendance à être plus ouvertes et franches. Les gens partagent ce qu’ils voient sur le terrain, y compris ce qui ne fonctionne pas.

Ils partagent également un objectif bien précis. Chacun autour de la table gère une société dans laquelle nous investissons, de sorte qu’il existe déjà une base de confiance et d’alignement. Il est ainsi plus facile de passer outre les gros titres et de se concentrer sur les contraintes réelles — qu’elles soient liées aux politiques, au capital, à l’ingénierie ou autre. Cela nous aide également à voir à quoi ressemblent les progrès pratiques.

Et cela permet de briser les silos. Dans un espace aussi grand et complexe que l’énergie, il est facile de rester dans son couloir — qu’il s’agisse de la production d’électricité, des infrastructures pétrolières et gazières ou du financement. Le sommet offre aux dirigeants une occasion de prendre du recul, d’entendre ce que les autres ont à dire dans l’ensemble du système et d’établir des liens. C’est ce qui rend ces conversations si précieuses.

Le sommet prend l’ampleur chaque année. Son objectif a-t-il changé?

L’idée de base demeure la même : offrir aux chefs de la direction des sociétés de notre portefeuille un espace pour échanger sur le système énergétique, y compris sur les évolutions et la façon dont ils y réagissent, et pour explorer des moyens de collaborer.

Ce qui a changé, c’est la diversité des voix. Cela a commencé avec notre groupe Énergie durable et cela englobe désormais davantage de collègues d’autres services et équipes de placement : Infrastructures, Placements en instruments de crédit et Placements sur les marchés publics — ainsi que quelques experts et universitaires externes. C’est intentionnel. La transition touche toutes les parties du système, il est donc utile d’entendre des gens qui voient différentes parties du casse-tête.

En quoi les discussions de cette année ont-elles été différentes des précédentes?

Le changement le plus important a été l’accent mis sur la demande. Pendant la majeure partie de la dernière décennie, la demande d’énergie dans les marchés développés a stagné — les gains d’efficacité ont contrebalancé la croissance démographique et économique —, tandis que la majeure partie de l’élan se situait dans les économies émergentes. Cela a changé, et rapidement. Au cours de la dernière année, la croissance de la demande aux États-Unis et dans certaines parties de l’Europe a fortement augmenté.

Trois facteurs ressortent : l’électrification du transport et du chauffage, la relocalisation du secteur manufacturier et la construction rapide de centres de données liés à l’IA et à l’infonuagique.

Chacun de ces facteurs serait significatif à lui seul. Ensemble, ils redéfinissent la croissance de la charge beaucoup plus rapidement que ce que le système a été conçu pour gérer.

Pour les investisseurs et les exploitants, cela change la donne. Il ne s’agit plus seulement de décarboniser l’offre, mais d’ajouter une capacité fiable et faible en carbone assez rapidement pour répondre à la demande. Cela met davantage l’accent sur la résilience du réseau, le stockage et la délivrance de permis — des infrastructures peu prestigieuses, mais essentielles qui déterminent si de nouvelles capacités peuvent être connectées et livrées.

Nous observons également différentes dynamiques régionales. En Amérique du Nord, la politique industrielle et la demande alimentée par l’IA mènent la charge. En Europe, il s’agit de la sécurité énergétique et des objectifs de zéro émission nette. Les particularités diffèrent, mais la tendance est la même : la demande évolue de nouveau; c’est pourquoi les systèmes énergétiques doivent suivre le rythme et les dirigeants du secteur de l’énergie doivent rester au plus près des clients afin d’anticiper ces changements.

L’IA et les centres de données sont devenus des sujets majeurs. Quelle est leur incidence sur les sociétés en portefeuille?

L’IA joue un rôle déterminant dans l’évolution de la demande en raison de son incidence sur la consommation d’énergie. Des centres de données sont planifiés et construits beaucoup plus rapidement que prévu. Ils sont énergivores et ont besoin d’une électricité fiable en permanence.

Certaines des sociétés de notre portefeuille s’adaptent déjà. Par exemple, VoltaGrid, une entreprise de service public basée au Texas, a récemment signé une entente à long terme avec Oracle qui repousse les limites du possible dans ce segment. D’autres, comme la société Tallgrass basée au Colorado, trouvent des moyens intelligents de réaffecter les infrastructures existantes en utilisant des terrains à proximité de pipelines ou de voies de transmission pour construire des centres de données qui peuvent se raccorder plus rapidement au réseau électrique. Il s’agit d’une solution pratique pour éviter des retards de plusieurs années.

Le sommet a également abordé les questions de géopolitique et de confiance. Comment ces éléments s’intègrent-ils à vos perspectives?

Ils sont tous deux essentiels. Le contexte géopolitique est devenu plus imprévisible en raison des conflits, des restrictions commerciales et des changements de politique qui ont une incidence directe sur le comportement des marchés de l’énergie. Pour nous, cela renforce l’importance de la diversification. Nous ne pouvons pas prévoir les revirements politiques, mais nous pouvons bâtir un portefeuille solide face à ces fluctuations.

La confiance est tout aussi importante. Que vous construisiez un pipeline, un parc solaire ou une ligne de transport, le résultat dépend souvent des relations qui l’entourent. Les projets qui font appel à des partenaires locaux, y compris des communautés autochtones, ont tendance à progresser plus rapidement et à durer plus longtemps parce que les intérêts sont alignés. Ce n’est pas de l’idéalisme, mais du commerce intelligent.

Qu’est-ce qui vous rend optimiste à l’égard de la transition énergétique?

Le système énergétique est vaste et compliqué, mais il est aussi largement capable de s’adapter. Lorsqu’on examine la longue courbe du progrès, on constate que le changement ne découle habituellement pas de grandes percées — il est graduel. Le sommet nous l’a bien rappelé. La plupart des progrès que nous avons évoqués n’ont pas fait les gros titres. L’amélioration a été constante et rigoureuse — avec l’expansion des technologies, la mise à niveau des infrastructures et des entreprises qui tirent des leçons les unes des autres.

Notre rôle est d’aider à financer ce genre de progrès. Nous recherchons des voies crédibles et propices à l’investissement et des personnes capables de passer à l’action, pas du battage médiatique. L’élan s’accélère — pas partout à la fois, mais suffisamment pour compter.

Pour en savoir plus :
Équilibre entre réalisme et renouveau : faits saillants du Sommet des chefs de la direction sur l’énergie 2025 d’Investissements RPC

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Les discussions ne sont ni scénarisées ni destinées au grand public, elles ont donc tendance à être plus ouvertes et franches. Les gens partagent ce qu’ils voient sur le terrain, y compris ce qui ne fonctionne pas. Ils partagent également un objectif bien précis. Chacun autour de la table gère une société dans laquelle nous investissons, de sorte qu’il existe déjà une base de confiance et d’alignement. Il est ainsi plus facile de passer outre les gros titres et de se concentrer sur les contraintes réelles — qu’elles soient liées aux politiques, au capital, à l’ingénierie ou autre. Cela nous aide également à voir à quoi ressemblent les progrès pratiques. Et cela permet de briser les silos. Dans un espace aussi grand et complexe que l’énergie, il est facile de rester dans son couloir — qu’il s’agisse de la production d’électricité, des infrastructures pétrolières et gazières ou du financement. Le sommet offre aux dirigeants une occasion de prendre du recul, d’entendre ce que les autres ont à dire dans l’ensemble du système et d’établir des liens. C’est ce qui rend ces conversations si précieuses. Le sommet prend l’ampleur chaque année. Son objectif a-t-il changé? L’idée de base demeure la même : offrir aux chefs de la direction des sociétés de notre portefeuille un espace pour échanger sur le système énergétique, y compris sur les évolutions et la façon dont ils y réagissent, et pour explorer des moyens de collaborer. Ce qui a changé, c’est la diversité des voix. Cela a commencé avec notre groupe Énergie durable et cela englobe désormais davantage de collègues d’autres services et équipes de placement : Infrastructures, Placements en instruments de crédit et Placements sur les marchés publics — ainsi que quelques experts et universitaires externes. C’est intentionnel. La transition touche toutes les parties du système, il est donc utile d’entendre des gens qui voient différentes parties du casse-tête. En quoi les discussions de cette année ont-elles été différentes des précédentes? Le changement le plus important a été l’accent mis sur la demande. Pendant la majeure partie de la dernière décennie, la demande d’énergie dans les marchés développés a stagné — les gains d’efficacité ont contrebalancé la croissance démographique et économique —, tandis que la majeure partie de l’élan se situait dans les économies émergentes. Cela a changé, et rapidement. Au cours de la dernière année, la croissance de la demande aux États-Unis et dans certaines parties de l’Europe a fortement augmenté. Trois facteurs ressortent : l’électrification du transport et du chauffage, la relocalisation du secteur manufacturier et la construction rapide de centres de données liés à l’IA et à l’infonuagique. Chacun de ces facteurs serait significatif à lui seul. Ensemble, ils redéfinissent la croissance de la charge beaucoup plus rapidement que ce que le système a été conçu pour gérer. Pour les investisseurs et les exploitants, cela change la donne. Il ne s’agit plus seulement de décarboniser l’offre, mais d’ajouter une capacité fiable et faible en carbone assez rapidement pour répondre à la demande. Cela met davantage l’accent sur la résilience du réseau, le stockage et la délivrance de permis — des infrastructures peu prestigieuses, mais essentielles qui déterminent si de nouvelles capacités peuvent être connectées et livrées. Nous observons également différentes dynamiques régionales. En Amérique du Nord, la politique industrielle et la demande alimentée par l’IA mènent la charge. En Europe, il s’agit de la sécurité énergétique et des objectifs de zéro émission nette. Les particularités diffèrent, mais la tendance est la même : la demande évolue de nouveau; c’est pourquoi les systèmes énergétiques doivent suivre le rythme et les dirigeants du secteur de l’énergie doivent rester au plus près des clients afin d’anticiper ces changements. L’IA et les centres de données sont devenus des sujets majeurs. Quelle est leur incidence sur les sociétés en portefeuille? L’IA joue un rôle déterminant dans l’évolution de la demande en raison de son incidence sur la consommation d’énergie. Des centres de données sont planifiés et construits beaucoup plus rapidement que prévu. Ils sont énergivores et ont besoin d’une électricité fiable en permanence. Certaines des sociétés de notre portefeuille s’adaptent déjà. Par exemple, VoltaGrid, une entreprise de service public basée au Texas, a récemment signé une entente à long terme avec Oracle qui repousse les limites du possible dans ce segment. D’autres, comme la société Tallgrass basée au Colorado, trouvent des moyens intelligents de réaffecter les infrastructures existantes en utilisant des terrains à proximité de pipelines ou de voies de transmission pour construire des centres de données qui peuvent se raccorder plus rapidement au réseau électrique. Il s’agit d’une solution pratique pour éviter des retards de plusieurs années. Le sommet a également abordé les questions de géopolitique et de confiance. Comment ces éléments s’intègrent-ils à vos perspectives? Ils sont tous deux essentiels. Le contexte géopolitique est devenu plus imprévisible en raison des conflits, des restrictions commerciales et des changements de politique qui ont une incidence directe sur le comportement des marchés de l’énergie. Pour nous, cela renforce l’importance de la diversification. Nous ne pouvons pas prévoir les revirements politiques, mais nous pouvons bâtir un portefeuille solide face à ces fluctuations. La confiance est tout aussi importante. Que vous construisiez un pipeline, un parc solaire ou une ligne de transport, le résultat dépend souvent des relations qui l’entourent. Les projets qui font appel à des partenaires locaux, y compris des communautés autochtones, ont tendance à progresser plus rapidement et à durer plus longtemps parce que les intérêts sont alignés. Ce n’est pas de l’idéalisme, mais du commerce intelligent. Qu’est-ce qui vous rend optimiste à l’égard de la transition énergétique? Le système énergétique est vaste et compliqué, mais il est aussi largement capable de s’adapter. Lorsqu’on examine la longue courbe du progrès, on constate que le changement ne découle habituellement pas de grandes percées — il est graduel. Le sommet nous l’a bien rappelé. La plupart des progrès que nous avons évoqués n’ont pas fait les gros titres. L’amélioration a été constante et rigoureuse — avec l’expansion des technologies, la mise à niveau des infrastructures et des entreprises qui tirent des leçons les unes des autres. Notre rôle est d’aider à financer ce genre de progrès. Nous recherchons des voies crédibles et propices à l’investissement et des personnes capables de passer à l’action, pas du battage médiatique. L’élan s’accélère — pas partout à la fois, mais suffisamment pour compter. Pour en savoir plus : Équilibre entre réalisme et renouveau : faits saillants du Sommet des chefs de la direction sur l’énergie 2025 d’Investissements RPC Cinq minutes avec Caitlin Gubbels Quelles sont les tendances à long terme qui façonnent le capital-investissement? 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