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Au cours des dernières années, une tendance de plus en plus marquée a émergé dans le monde des affaires : les sociétés restent privées plus longtemps et de plus en plus de sociétés cotées en bourse deviennent privées, car elles souhaitent éviter de subir les pressions immédiates des actionnaires. La tendance est particulièrement nette pour les entreprises de secteurs comme la biotechnologie, où des décennies peuvent s’écouler avant que les résultats des placements à long terme d’une entreprise, notamment dans la recherche et développement (R et D), portent leurs fruits. Dans ce monde impatient, nous avons besoin de fournisseurs de capitaux patients.
 
Certaines sociétés de technologies adoptent la même approche. Le géant des communications chinois, Huawei, a refusé de s’inscrire en bourse et a engagé ses ressources dans la recherche et le développement à long terme.
 
Suyi Kim Cropped ImageMaintenant que les sociétés sont de plus en plus nombreuses à constater que la demande de critères de performance à court terme pose des problèmes, tout comme les pressions trimestrielles sur les objectifs à long terme, comme l’innovation, un nouveau chapitre s’ouvre dans un débat qui dure depuis des décennies : l’inscription à la bourse et les pressions associées des actionnaires diminuent la création de valeur des entreprises. Pour les dirigeants qui ont adopté une approche à long terme, le défi est de savoir comment persuader les conseils d’administration et les actionnaires de les suivre.
 
En quoi consiste l’approche à long terme? C’est un état d’esprit qui englobe l’éventail complet de la gouvernance d’entreprise, de la planification stratégique et des activités opérationnelles, y compris la gestion des risques, les décisions de répartition du capital, l’investissement dans la R et D, le perfectionnement des talents et les primes de rendement. Cela demande de la persévérance pendant les périodes de mauvaise performance à court terme pour récolter les fruits de la patience. Les sociétés axées sur le long terme ne sont pas motivées par les indices de référence et ne cherchent pas à faire bonne figure face à leurs pairs, elles sont axées sur les attentes et les résultats à long terme.
 
Toutes les entreprises sont touchées par les pressions à court terme. Mais dans quelle mesure cela influe-t-il sur leur structure de gestion , leurs mécanismes de prise de décisions, ou même leur culture?
 
Ces questions ont incité l’Office d’investissement du Régime de pensions du Canada (OIRPC) et McKinsey & Co. à procéder à un examen systématique des sociétés ouvertes américaines pendant plus de dix ans et, plus tard, à étendre la portée de ces recherches à d’autres marchés. Nous avons interrogé des milliers de sociétés cotées et surveillé leurs comportements à court et à long terme. L’étude effectue le suivi de plusieurs paramètres clés, y compris les investissements, la qualité des bénéfices et la gestion des cibles trimestrielles, pour évaluer de manière qualitative la propension de l’organisation à penser et à agir à long terme (ou à adopter une politique du long terme).
 
Les résultats de l’étude menée de 2001 à 2015 auprès de 615 entreprises américaines de moyenne et grande taille cotées en bourse ont montré que les sociétés adoptant une approche à long terme surpassent celles qui optent pour une approche à court terme. Au total, les entreprises axées sur le long terme ont enregistré un chiffre d’affaires plus élevé de 47 % en moyenne que les autres sociétés, avec moins de volatilité. Les bénéfices des sociétés axées sur le long terme ont augmenté de 36 % de plus, en moyenne, au cours de la période par rapport aux autres sociétés et leurs bénéfices économiques ont progressé de 81 % de plus en moyenne.
 
Les entreprises axées sur le long terme affichent également des résultats financiers plus solides à long terme. Leur capitalisation boursière a progressé en moyenne de 7 milliards de dollars de plus que les autres sociétés entre 2001 et 2014. Le rendement total de leurs actionnaires a également été supérieur, la probabilité qu’elles se situent dans le décile ou le quartile supérieur en 2014 étant 50 % plus élevée.
 
L’étude montre clairement que la politique à long terme augmente les bénéfices, et c’est justement ce que les entreprises et les investisseurs souhaitent.
 
Cependant, un signe alarmant a également été repéré. En effet, la principale mesure des politiques à court terme utilisé dans notre étude, le Corporate Horizon Index, a montré une tendance générale à l’adoption de politiques à court terme au cours de la période. Même si les entreprises ont exprimé le désir de s’orienter davantage vers des politiques à long terme, celles à court terme semblent se multiplier aux États-Unis.
 
La dynamique est similaire en Chine, le deuxième marché financier mondial. En 2017, l’OIRPC, Hillhouse et Caixin Global ont commandité la première enquête sur les politiques à long terme des sociétés chinoises. Cette étude englobait plus de 180 sociétés chinoises cotées en bourse, ce qui représente approximativement un quart de la capitalisation boursière totale du pays, ainsi que des organismes de réglementation chinois, des sociétés de gestion d’actifs, des universitaires et d’autres dirigeants d’entreprise. Nous avons appris que, tout comme leurs homologues américaines, les sociétés chinoises sont également entravées par les pressions à court terme et partagent le même désir d’adopter une approche à plus long terme.
 
Environ la moitié des sociétés interrogées ont subi des pressions à court terme de la part des actionnaires. Cependant, un examen plus approfondi de ces pressions révèle des résultats surprenants. Alors que les actionnaires institutionnels et les investisseurs particuliers se classaient en quatrième et cinquième positions des sources de pressions à court terme, les équipes de direction et les conseils d’administration des sociétés chinoises arrivaient à la première et la deuxième places, 72 % des sociétés ayant indiqué que les pressions provenaient de leurs dirigeants et 62 % de leur conseil d’administration. 
 
Un autre facteur essentiel est à l’œuvre en Chine. Les décideurs jouent un rôle important dans le choix de l’orientation à long ou à court terme : environ 70 % des sociétés interrogées indiquent que les politiques gouvernementales influent sur leur manière de formuler les stratégies à long terme. Les politiques de l’État chinois répondent souvent à l’environnement en constante mutation du pays et ces changements rapides d’envergure de la politique peuvent encourager les politiques à court terme des entreprises.

Comme l’indiquent les résultats de notre enquête, l’importance des perspectives d’entreprise à long terme n’est pas un mythe, mais leur réalisation nécessite un consensus généralisé. La clé des politiques à long terme réside dans une poignée de parties prenantes : la direction de l’entreprise, les actionnaires, les investisseurs institutionnels et les décideurs.

L’OIRPC considère les fournisseurs de capitaux patients comme un facteur essentiel pour faire croître la valeur des entreprises et l’innovation. En 2013, l’OIRPC et McKinsey ont cofondé l’initiative Focusing Capital on the Long Term (FCLT) (en français, Orienter les capitaux vers le long terme) qui a attiré des gestionnaires d’actifs et des sociétés possédant les mêmes valeurs comme BlackRock Inc., Dow Chemical Co. et Tata Group. Depuis sa fondation, l’initiative FCLT a mis en place un grand éventail d’outils comprenant des recherches, des publications et des guides qui sont devenus indispensables à ceux qui souhaitent encourager les politiques à long terme de leurs sociétés.

Dans un monde où la technologie, les communications et les prises de décisions sont toujours plus rapides chaque jour, les pressions à court terme touchent la totalité du monde des affaires. La privatisation est un type de réponse, mais des actions autres que la privatisation sont également nécessaires. La durabilité des entreprises et la création de valeur à long terme reposent sur un consensus à l’échelle mondiale, ainsi que sur une collaboration de toutes les parties prenantes.

Cet article a été publié initialement par Caixin Global. (EnglishChinese)

Au cours des dernières années, une tendance de plus en plus marquée a émergé dans le monde des affaires : les sociétés restent privées plus longtemps et de plus en plus de sociétés cotées en bourse deviennent privées, car elles souhaitent éviter de subir les pressions immédiates des actionnaires. La tendance est particulièrement nette pour les entreprises de secteurs comme la biotechnologie, où des décennies peuvent s’écouler avant que les résultats des placements à long terme d’une entreprise, notamment dans la recherche et développement (R et D), portent leurs fruits. Dans ce monde impatient, nous avons besoin de fournisseurs de capitaux patients.
 
Certaines sociétés de technologies adoptent la même approche. Le géant des communications chinois, Huawei, a refusé de s’inscrire en bourse et a engagé ses ressources dans la recherche et le développement à long terme.
 
Suyi Kim Cropped ImageMaintenant que les sociétés sont de plus en plus nombreuses à constater que la demande de critères de performance à court terme pose des problèmes, tout comme les pressions trimestrielles sur les objectifs à long terme, comme l’innovation, un nouveau chapitre s’ouvre dans un débat qui dure depuis des décennies : l’inscription à la bourse et les pressions associées des actionnaires diminuent la création de valeur des entreprises. Pour les dirigeants qui ont adopté une approche à long terme, le défi est de savoir comment persuader les conseils d’administration et les actionnaires de les suivre.
 
En quoi consiste l’approche à long terme? C’est un état d’esprit qui englobe l’éventail complet de la gouvernance d’entreprise, de la planification stratégique et des activités opérationnelles, y compris la gestion des risques, les décisions de répartition du capital, l’investissement dans la R et D, le perfectionnement des talents et les primes de rendement. Cela demande de la persévérance pendant les périodes de mauvaise performance à court terme pour récolter les fruits de la patience. Les sociétés axées sur le long terme ne sont pas motivées par les indices de référence et ne cherchent pas à faire bonne figure face à leurs pairs, elles sont axées sur les attentes et les résultats à long terme.
 
Toutes les entreprises sont touchées par les pressions à court terme. Mais dans quelle mesure cela influe-t-il sur leur structure de gestion , leurs mécanismes de prise de décisions, ou même leur culture?
 
Ces questions ont incité l’Office d’investissement du Régime de pensions du Canada (OIRPC) et McKinsey & Co. à procéder à un examen systématique des sociétés ouvertes américaines pendant plus de dix ans et, plus tard, à étendre la portée de ces recherches à d’autres marchés. Nous avons interrogé des milliers de sociétés cotées et surveillé leurs comportements à court et à long terme. L’étude effectue le suivi de plusieurs paramètres clés, y compris les investissements, la qualité des bénéfices et la gestion des cibles trimestrielles, pour évaluer de manière qualitative la propension de l’organisation à penser et à agir à long terme (ou à adopter une politique du long terme).
 
Les résultats de l’étude menée de 2001 à 2015 auprès de 615 entreprises américaines de moyenne et grande taille cotées en bourse ont montré que les sociétés adoptant une approche à long terme surpassent celles qui optent pour une approche à court terme. Au total, les entreprises axées sur le long terme ont enregistré un chiffre d’affaires plus élevé de 47 % en moyenne que les autres sociétés, avec moins de volatilité. Les bénéfices des sociétés axées sur le long terme ont augmenté de 36 % de plus, en moyenne, au cours de la période par rapport aux autres sociétés et leurs bénéfices économiques ont progressé de 81 % de plus en moyenne.
 
Les entreprises axées sur le long terme affichent également des résultats financiers plus solides à long terme. Leur capitalisation boursière a progressé en moyenne de 7 milliards de dollars de plus que les autres sociétés entre 2001 et 2014. Le rendement total de leurs actionnaires a également été supérieur, la probabilité qu’elles se situent dans le décile ou le quartile supérieur en 2014 étant 50 % plus élevée.
 
L’étude montre clairement que la politique à long terme augmente les bénéfices, et c’est justement ce que les entreprises et les investisseurs souhaitent.
 
Cependant, un signe alarmant a également été repéré. En effet, la principale mesure des politiques à court terme utilisé dans notre étude, le Corporate Horizon Index, a montré une tendance générale à l’adoption de politiques à court terme au cours de la période. Même si les entreprises ont exprimé le désir de s’orienter davantage vers des politiques à long terme, celles à court terme semblent se multiplier aux États-Unis.
 
La dynamique est similaire en Chine, le deuxième marché financier mondial. En 2017, l’OIRPC, Hillhouse et Caixin Global ont commandité la première enquête sur les politiques à long terme des sociétés chinoises. Cette étude englobait plus de 180 sociétés chinoises cotées en bourse, ce qui représente approximativement un quart de la capitalisation boursière totale du pays, ainsi que des organismes de réglementation chinois, des sociétés de gestion d’actifs, des universitaires et d’autres dirigeants d’entreprise. Nous avons appris que, tout comme leurs homologues américaines, les sociétés chinoises sont également entravées par les pressions à court terme et partagent le même désir d’adopter une approche à plus long terme.
 
Environ la moitié des sociétés interrogées ont subi des pressions à court terme de la part des actionnaires. Cependant, un examen plus approfondi de ces pressions révèle des résultats surprenants. Alors que les actionnaires institutionnels et les investisseurs particuliers se classaient en quatrième et cinquième positions des sources de pressions à court terme, les équipes de direction et les conseils d’administration des sociétés chinoises arrivaient à la première et la deuxième places, 72 % des sociétés ayant indiqué que les pressions provenaient de leurs dirigeants et 62 % de leur conseil d’administration. 
 
Un autre facteur essentiel est à l’œuvre en Chine. Les décideurs jouent un rôle important dans le choix de l’orientation à long ou à court terme : environ 70 % des sociétés interrogées indiquent que les politiques gouvernementales influent sur leur manière de formuler les stratégies à long terme. Les politiques de l’État chinois répondent souvent à l’environnement en constante mutation du pays et ces changements rapides d’envergure de la politique peuvent encourager les politiques à court terme des entreprises.

Comme l’indiquent les résultats de notre enquête, l’importance des perspectives d’entreprise à long terme n’est pas un mythe, mais leur réalisation nécessite un consensus généralisé. La clé des politiques à long terme réside dans une poignée de parties prenantes : la direction de l’entreprise, les actionnaires, les investisseurs institutionnels et les décideurs.

L’OIRPC considère les fournisseurs de capitaux patients comme un facteur essentiel pour faire croître la valeur des entreprises et l’innovation. En 2013, l’OIRPC et McKinsey ont cofondé l’initiative Focusing Capital on the Long Term (FCLT) (en français, Orienter les capitaux vers le long terme) qui a attiré des gestionnaires d’actifs et des sociétés possédant les mêmes valeurs comme BlackRock Inc., Dow Chemical Co. et Tata Group. Depuis sa fondation, l’initiative FCLT a mis en place un grand éventail d’outils comprenant des recherches, des publications et des guides qui sont devenus indispensables à ceux qui souhaitent encourager les politiques à long terme de leurs sociétés.

Dans un monde où la technologie, les communications et les prises de décisions sont toujours plus rapides chaque jour, les pressions à court terme touchent la totalité du monde des affaires. La privatisation est un type de réponse, mais des actions autres que la privatisation sont également nécessaires. La durabilité des entreprises et la création de valeur à long terme reposent sur un consensus à l’échelle mondiale, ainsi que sur une collaboration de toutes les parties prenantes.

Cet article a été publié initialement par Caixin Global. (English - Chinese)

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